Emballages et papiers cadeau : Noël vu par CITEO


Eco-contributions

Publié le 18/12/2018

C’est Noël ! Le temps des cadeaux qu’on emballe ! Pour les producteurs ce sont les tarifs de l’éco-contribution sur les papiers qui s’emballent...

Depuis le 1er janvier 2017 avec l’élargissement du périmètre de la filière papier (voir notre article Le cadeau de Noël de CITEO), les papiers cadeaux (pochettes ou rouleaux) contribuent de même que les notices d’instruction qui accompagnent les produits mis en vente.

Cette année le tarif de contribution s’élève à 67 € HT la tonne de papier contre 60 € l’année dernière, soit une augmentation de 11,67 %. Déjà entre 2016 et 2017 l’augmentation du tarif était de 11,10 %.

Mais pourquoi donc les tarifs ne cessent-ils de monter ?

CITEO a plusieurs arguments :

Le premier est l’augmentation du taux de recyclage qui entre 2016 et 2017 est passé de 55 % à 57,6 %. Comment ne pas s’en réjouir, n’est-ce pas la preuve du bon fonctionnement du système ? Oui mais, plus de papier recyclé signifie plus de quantité de papiers dans les bacs de tri et donc plus de soutiens aux collectivités pour les collecter, les trier et moderniser les installations. Fort bien ! Cependant nous nous interrogeons : que rapporte donc la vente du papier recyclé ?

Le second argument est la recherche (R&D) et l’accompagnement des producteurs dans l’éco-conception. 3,5 % de la contribution y serait dédié. Et ça marche ! — nous précise l’éco-organisme — puisque nous collectons 58 % de papier sans perturbateur de tri. Doit-on dans ce cas se réjouir d’arriver un jour à 100 % de papier collecté recyclé, dont le coût de recyclage est sans doute moindre que celui du plastique dont les tarifs ne cessent également de grimper ?

Enfin, la cerise sur le gâteau. Le bonus de 5 % pour l’affichage du logo Triman – voulu par les autorités — qu’il faut financer par le tarif ! Avec une augmentation tarifaire de 24 % sur trois ans voici un bonus qui ne va pas beaucoup encourager les producteurs à se lancer dans des dépenses inconsidérées pour l’amélioration de la recyclabilité de leurs produits.

La REP papier existe depuis 2006. Une filière très jeune, certes, comparée à celle de l’emballage qui a vu le jour en 1992. Dès 2007 la filière enregistrait un taux de 41 % de papier collecté recyclé pour atteindre en 2017 un taux de 57,6 %, soit moins de 20 % de plus en 10 ans. Un chiffre relativement modeste si l’on songe que le tri des papiers est sans doute le tri le mieux intégré par la population avec le verre. La fusion de son éco-organisme Ecofolio avec Eco-Emballages, devenant CITEO, devait faire bénéficier aux deux filières de moyens plus grands et permettre de réduire leurs coûts de fonctionnement. Force est de constater qu’il n’en est encore rien et que l’élargissement du périmètre de la filière papier, augmentant le volume à collecter, vient encore alourdir la facture et celle de ses adhérents. En dix ans le tarif de la contribution aura, lui, augmenté de 71,4 %, passant de 35 € la tonne à 67 €.

Ce que nous constatons pour la filière papier se retrouve chez sa grande sœur des emballages confrontée à des difficultés similaires avec l’extension des consignes de tri à tous les plastiques.

Quelque chose ne tournerait il pas rond dans ces filières ?

Le recyclage des matières premières dans la gestion des déchets sert non seulement à préserver nos ressources naturelles mais aussi à valoriser ces matières afin que le traitement des déchets coûte de moins en moins. Mais, autant dans la filière des papiers que celle des emballages, le système semble grippé et donne à penser que ces filières souffrent de sérieux problèmes de gestion.

N'hésitez pas à nous contacter pour toute information complémentaire et bénéficier de notre expertise.

E3 Conseil reste à votre écoute.

© E3 Conseil – Expertise Economie Environnement

*Source : site de CITEO